Folklore Montois

Origine de la penne isicienne

« Voilà, vous n’êtes surement sans savoir que la penne qui m’est si chère, trouve une partie de son origine chez vous. Voici un petit texte expliquant un peu cette histoire. Bien évidement, beaucoup de portes restent ouvertes et sans réponse encore.
Si quelqu’un peut me raconter des anecdotes, ou m’annoncer d’autres faits, me faire part de quelques erreurs, n’hésitez surtout pas.
Bonne lecture. »

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Amis du folklore et des traditions, bonsoir…

Depuis maintenant des années, certains étudiants portent sur leur tête un « outil » de guindaille, de folklore, de paillardise, de relation qui leur est cher. Il s’agit bien évidemment de la penne, reconnaissance évidente de la satisfaction lors des épreuves baptismales.

Comme ce fût initié il y a quelques années par Sun ****, je me suis remis sur un travail de longue haleine.

Pour rappel, Jean-Philippe « Sun » Soleil fût baptisé un soir d’octobre 1999 – Rhooo le dinosaure – et moi quelques années plus tard en 2002…

Ayant fait des recherches, interviewés quelques anciens, je me suis permis de reprendre le texte de Sun (parût dans le béati d’avril 2003) pour le compléter et vous faire part de quelques traces historiques… Traces parfois bien difficiles à retrouver… Certainement gardées dans le plus grand des secret au fin fond d’un Maître du temps bien particulier !

« Origine, je te tiens… » Disait Jean-Phi… Et bien, c’était vrai !

Les quelques nouveautés que je vais apporter corroborent bien avec ce qu’il avait annoncé autrefois dans le plus populaire des journaux estudiantins. Si par malheur, quelques esprits trop sages venaient à dire que ce ne sont ici qu’un ensemble de supputations et de faits non avérés, je le prierai de se rendre au local 500, de me payer une 33 et de m’accorder un entretien.

Il est évident que ce texte est un rassemblement de différents faits et sources (texte de Sun, témoignages, récits d’anciens,…). Toute ressemblance ou reprise est donc probable. Que Dieu me pardonne !

Trêve de bavardages, tous assis, l’heure est venue pour la Commission Historique…

Et bien sûr que cela en vaut la « penne » !

N’avez-vous jamais voulu en savoir un peu plus sur les origines de ce symbole ? Quid de son origine ? Depuis quand tout bon étudiant la porte – t’il ? Voilà des questions qui nous traversent souvent l’esprit depuis certaines soirées d’octobre…

Et bien, force de curiosité ou simplement coup du hasard, voilà qu’après plusieurs enquêtes et surtout suite à la rencontre organisée par l’ADISICHt (association des Anciens Diplômés de l’ISICHt), Sun a trouvé un début de réponse à toutes ces questions ! Comme il l’avait souligné dans son texte initial : « Il est à présent de mon devoir, je crois, de vous faire part de ces éléments relatifs à la mémoire de notre beau folklore. C’est important pour le cercle la mémoire du passé. »

Entassez-vous bien dans les banquettes fraîchement dépoussiérées du bar, prenez votre pilson et en avant pour le retour aux origines…

Arrêtons-nous dans les années 50 ! L’ISIC n’est même pas encore sortie des testicules de son papa… L’IRAM dispense une formation d’ingénieurs techniciens ; études en trois ans se donnant dans l’enceinte de l’école Saint Luc actuelle. Les cours sont principalement donnés par des Frères (lève ton verre…). Il n’est donc pas imaginable d’organiser quoique ce soit comme activité ayant un caractère bibitif, paillard, fokloriste ou autres bleusailles. Et pourtant, un certain folklore estudiantin se vit et se perpétue. Certains étudiants s’achètent une calotte (ooouuhhh !) qui ressemble fortement aux calottes que l’on peut voir dans les cercles actuels. Ce couvre – chef est donc porté à l’occasion de sorties en ville. A cette époque, il faut aussi préciser qu’un certain nombre d’élèves faisaient leurs études à Saint Luc en technique supérieure (équivalent des études A2 actuelles) pour ensuite poursuivre leur formation en faisant des études d’ingénieur Technicien (études A 1). La calotte (ou calot) faisait donc partie intégrante du costume des élèves de Saint Luc. Les étudiants poursuivant leurs études en ingéniorat, passant donc de A2 à A1, continuaient à porter leur calot pour les sorties en ville.

Voilà donc la véritable origine du couvre-chef chez nous…

Cependant, des étudiants venaient d’autres écoles secondaires, ne portant donc pas de calots, se sont dirigés vers le port d’une « casquette à longue visière » ; très à la mode en ce temps-là. Se rappelant que la longue visière de la penne n’a d’autre but que d’empêcher de voir Dieu (où d’être vu par ce dernier…question de point de vue !), on comprend aisément pourquoi les étudiants venant de St Luc avaient optés pour la calotte !

Ceci dit, à cette époque, des baptêmes sont déjà organisés depuis plus d’un siècle à la Faculté Polytechnique (113ème promotion en 1951). Il n’est donc pas non plus improbable que certains étudiants Iramiens allaient se faire baptiser chez les ingénieurs civils qui étaient, eux, pennés.

Certains étudiants « A1 » ont, sans nul doute, été longtemps se faire baptiser dans les autres écoles de Mons ; mais particulièrement à l’ Ecole des Mines (actuelle Faculté Polytechnique de Mons).

Ah qu’il est doux de voir une divine relation fraternelle entre certaines facultés délivrant le grade d’ingénieur à Mons…

Et puis le temps passe, la société évolue. Des activités d’accueil s’organisent à l’IRAM.

Citation du texte de Sun :
J’ai à ce propos reçu quelques photos des bleusailles organisées en 1962 (promotion de M. Franz Ansieau, membre de l’ADISIC. C’est lui qui m’a fournit les documents). Le principe du baptême est légèrement différent de ce qui se vit en nos jours mais l’esprit semble le même, toujours dans une ambiance bon enfant. On peut y voir les comitards, encore calottés en cette année et… les premières pennes ISIC ! De couleur lie-de-vin, elles sont tout à fait identiques à celles que nous portons aujourd’hui ! L’année d’apparition de la penne à l’ISIC se précise donc de plus en plus mais il persiste toujours un léger flou… C’est alors que j’ai eu l’occasion de discuter avec M. Basile Zampunieris, électromécanicien sorti également en 1962. Monsieur Zampunieris a su, comme tout bon ingénieur, trouver un équilibre entre le travail et l’amusement et a choisi de faire ses bleusailles. Le cycle d’étude étant toujours de trois ans, il a donc été baptisé en 1959. Et c’est là qu’il m’apprend que c’est justement cette année que les étudiants Iramiens se sont décidés à passer à la penne. En effet, la Polytechnique, Waroquier et la Fucam étaient tous pennés, alors pourquoi pas les Iramiens ?
Il serait donc bon de croire que la penne fût définitivement choisie à la fin des années 50(57 – 58 – 59). A cette période, l’exposition universelle allait ouvrir ces portes à plusieurs dizaines de milliers de visiteurs et certains étudiants de la FPMs allaient dérober le dragon quelques jours avant la ducasse de la Cité Porte-Bonheur.

Les faits suivants pouvant confirmer cette fourchette d’années : cette date correspond à la fin du port du costume dans le secondaire et donc de la calotte ; mais correspond également au 4 ou 5ème anniversaire de notre cercle estudiantin (date de naissance avoisinant l’année 1955). Il est aussi à remarquer, que la couleur de la penne rappelle celle du dessus du calot de Saint Luc…

Ainsi, logiquement tous les étudiants baptisés de mon année (2002) sont donc de la 44ème promotion (soit quarante trois années de pennés) et nous ouvrirons les portes du folklore à la 49ème promotion en septembre.

Comme fût le souhait de Sun et le mien, une guindaille grandiose pourrait être mise en place pour le demi-siècle de notre cercle isicien ? Espérons tous ensemble que cet anniversaire sera bien fêté ; que tout aille bien pour le comité et le cercle.

Des bleus, des bleus, des bleus !

J’espère avoir pu vous éclairer. N’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice.

Fokloriquement vôtre,
MiniC **(*)*(*)

Scandale au festival de la chanson 1988

Nous sommes dans les années 80, depuis quelques années la rivalité entre la F.P.Ms et la Polytech ULB est grandissante. Lors des précédents festivals, les Polytech de Mons taquinaient les ULB’s en terminant leurs chansons par des : « ULB ULB Mons t’encule » ou encore par des « Bruxelles c’est du caca » et de leur coté les Polytech ULB imprimaient des autocollants sur lesquels il était marqué : « Mons c’est du caca » A cette époque, il faut rappeler que les fossiles commençaient à être acceptés parmi les étudiants baptisés de l’ULB ce qui était très mal vu par d’autres facs plus folkloriques (la nôtre par exemple).

En 1988, à une époque où les esprits de certains étudiants n’étaient pas encore trop sages, la Polytech de Mons s’est rendue chez les bruxélèèèèèères pour participer au concours de chants comme elle le faisait chaque année.

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En collaboration avec les Fuc(kh)ams, ils chantèrent une composition insultant l’ULB, les traitant de fossiles ou encore d’enculés. La suite est logique, les ULBistes ont réagit et une méchante bagarre, à coup de poings et de chaines, a éclaté. Cette année le festival s’est terminé plus tôt qu’à l’habitude pour cause « d’affaire montoise » comme ils disent. Voici le chant chanté par les Montois à l’ULB, ce chant a été écrit en grande partie par des Fucam’s et chanté par les Montois. A vous de juger !

Air: les champs Elysées

Mons est là pour tout casser
Pour s’amuser, tout faire foirer
Pour s’en foutre derrière la cravate
Et sans rien payer.
On vous aura quoiqu’vous fassiez
Car tout compte fait, en vérité
Vous n’êtes quand même qu’des empotés
A l’ULB

Refrain

A l’ULB la, la, la,… (bis)
C’est bourré de pédés, de poufiasses, d’enculés
Il y a tout ce que vous voulez
A l’ULB

Moi, l’sida, j’en ai pas peur
Je l’ai déjà d’puis tout à l’heure
J’avais envie de foutre ma bite
Dans n’importe qui. N’importe qui et ce fut toi
J’aurais du dire n’importe quoi,
Elles ont vraiment le trou trop gras
A l’ULB

Cachez vos pennes, bande de fossiles
Y’a pas de baptême dans votre asile
Mais vous savez vous étoiler
Comme de gros busés.
Faut dire que vous en foutez par pelle
Des argentées et des dorées
Pour marquer l’imbécilité
De l’ULB

L’ULB sait pas guindailler
Dans leurs fauteuils comme des pépés,
Ils sont là à nous écouter
Comme des enfoirés.
Faudrait veiller à vous r’muer
A boire des pintes, vous amuser
Comme les Montois sur le plancher
De l’ULB

Après cette histoire, la Polytech de Mons n’a pas pu remettre les pieds au festival du chant estudiantin et le port des chaines a été interdit lors des suivants festivals.

L’année suivante (1989), en réponse aux Polytech de Mons, les bruxellois ont créé cette nouvelle chanson :

« Le bétail montois »
Air : Le jouet extraordinaire (C. François)

Ils sont entrés comme des boeufs,
Dans cet auditoire du Janson
Où tout était prévu pour eux,
Oui, prévu pour eux.
Dés qu’ils firent leur apparition,
Ils ne pouvaient en croire leurs yeux,
La bière coulait à foison
Aux frais de la maison.

Descendre sur la capitale,
Pour assister au Festival,
S’ils sont Montois, faut pas rêver
Non, faut pas rêver.
Ce n’ serait vraiment pas normal,
S’ils étaient venus pour chanter,
Sortis de leur jungle natale
Faut pas trop demander.

Le résultat de leur passage
Fit le bonheur des vitriers,
Même Attila n’eut pu commettre
Un si grand carnage.
Mais tous ensemble nous le jurons,
Nous n’ leur en voulons pas du tout,
C’est incurable nous le savons
Le fait d’être con.

Je tiens enfin à saluer
Ceux qui se sont sentis floués,
Qu’ils se rassurent leurs deniers
N’ sont pas égarés.
Mais il a bien fallu trouver
Un tout petit peu de monnaie,
Pour assainir la comptabilité du CP !

Évidemment, étant banni du festival, nous n’avons pas pu réagir ! Au fil du temps, cette rivalité s’est estompée, d’ailleurs il parait que le folklore bruxellois a subi le même sort. Comme quoi nous ne sommes pas tout à fait innocents! C’est d’ailleurs suite à ces malheureux événements que les chaines ont été proscrites durant le festival.

..retour au festival 2007

Lors du 33e festival, une délégation issue de notre belle faculté fit son grand retour après presque 20 ans d’absence et ce malgré des invitations datant d’au moins 1999. C’est en 2006 qu’un certain engouement pour cette manifestation folklorique renaît. Cependant c’est en 2007 que nous avons fait notre grand retour, malgré une tentative avortée l’année précédente. Et notre retour fut plus que festif et chaleureux, accueilli comme des rois par nos homologues bruxellois, nous avons chanté, nous avons affoné, bref nous avons guindaillé tous ensembles.

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En parlant de chant, celui présenté par nos six chanteurs de l’époque (Seb Vaesen, Thomas Raes, Gilles Noël, Raph Nardo, Sebastiano Tudisco et Nicolas May) a remporté l’un des plus beaux prix du festival : Le prix de la chanson représentant le mieux les valeurs de l’ULB.

Ce prix résulte bien de la mentalité mise en œuvre notamment par le comité fédé de l’époque dont le but était de renouer une saine amitié entre nous et nos homologues bruxellois et on peut dire que le pari fut plus que réussi. En effet, depuis lors, nous participons tous les ans au festival avec plus ou moins de succès et il n’est pas rare de recroiser quelques gens de la capitale durant nos guindailles.

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